seen



Je viens de voir ce film qui m'a profondément touchée. Je traîne avec moi ce titre depuis au moins cinq ans et il m'a fallu tout ce temps pour que j'aie envie de plus que la simple séquence qui m'avait attirée.


Dans les quartiers pauvres de Montréal vit Léo Lauzon, un enfant qui ne se reconnaît pas dans les membres de sa famille. Ceux-ci le dégoutent et lui sont en même temps liés par quelque conbinaison hasardeuse du sort. Il se proclame italien et se rebaptise Leolo Lauzone, nom qu'il prononce à l'italienne. Etranger, complètement étranger, exilé dans une italie de rêve qu'il écrit dans ses cahiers.


Parce que moi je rêve, moi je ne le suis pas...


Cette phrase scande tout le film. Elle est un refrain, une mélodie murmurée qui nous ramène à chaque fois dans l'imaginaire de Léolo. Comme une formule magique. Elle transforme même les excréments en or. « Parce que moi je rêve, moi je ne le suis pas » Puis tout devient possible.


Le film est brutal et cru. Il ne nous dépeint pas un monde merveilleux, mais la fange dans laquelle grandit Léolo, la fange à travers ses yeux rêveurs. Au fur et à mesure que s'entrouvre la boite de pandore des souvenirs, nous nous acheminons des cabinets de toilette où chaque membre de la famille doit aller déposer un étron réglementaire vers la maladie mentale, vers une mélancolie bilieuse qui transperce les images de l'enfance sale.


Extrait final : (lisez le à voix haute, on ne s'en lasse pas)



« A vous la dame, vous l'audacieuse mélancolie qui d'un cri fendait ma chair que vous offrite à l'ennui. Vous qui hantez mes nuits quand je ne sais plus quel chemin prendre de ma vie. Je vous ai payée cent fois mon du. Avec les braises du songe. Ne me restent que les cendres du monde du mensonge que vous même m'aviez dit entendre. La blanche plénitude qui n'était pas comme la vieille interlude. Brune et léthale, la cheville fine et maligne, qui m'a piqué à peine d'un sein pointu, en qui j'ai cru et qui ne m'a laissé que le remords d'avoir vu le jour naître sur ma solitude.

Et j'irai me reposer, la tête entre deux mots dans l'avalée des avalés. »


Ce film m'a heurtée, m'a sorti de mon quotidien et maintenant il me hante.  Devinez quelle est ma priorité maintenant ?  Trouver ce livre L'avalées des avalés de Réjéan Ducharme.





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Dimanche 12 octobre 2008
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Par Soredamor - Ecrire un commentaire

Toutes ces photos ont été faites avec un appareil photo argentique lors de mon voyage à Copenhague en avril 2008. Elles n'ont pas été retouchées.





 Statue de Rodin. Couple. Je crois que j'ai aimé l'expression de la femme. 

Musée d'art moderne. Une vidéo était projetée derrière le mur blanc.  Couple de femme, l'une blonde, l'autre brune,  l'une bimbo, l'autre intello. Les deux avait un regard mort.


Coté du vieux port. Tout commence par un arbre. S'ouvrent deux grandes voies. Si on suit les branches tres nettes, les voies vers le ciel sont innombrables. Il y a toujours plus que deux voies.

 
Musée d'art moderne. Petit chemin serpentant vers la mer.


Musée d'art moderne. J'avais la flegme de descendre la pente pour faire une photo de groupe.  Et là un enfant jouant à cache cache est venu se cacher devant moi tout en épiant lui aussi les autres.

Maison que j'ai trouvé étrange



Parc. Elle fait un peu carte postale. J'en apprécie la quiétude.

Musée d'art moderne. Petite mise en abime



Rue, Regardez moi ces rues bien rangées


Fille. Je déroge à ma regle en mettant la tête d'une fille que je ne connais même pas. C'est une de mes photos préférées. Instant de rêverie, de grâce, de vide, je ne sais pas...


Des mois apres ces trois jours de voyage, je déroule encore ma pellicule à la recherche d'une image à détacher des autres. J'adore prendre mon temps comme si chacune de ces images était extrêmement précieuse, comme si je devais la travailler, chercher ce qui lui manque, la zone d'ombre ou l'éclaircie qui créerait un nouvel équilibre.

Samedi 27 septembre 2008
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Par Soredamor - Ecrire un commentaire



C’est l’histoire d’une enfant du nom de Lucie qui subit les pires sévices de la part de tortionnaires mystérieux et qui réussit à s’échapper. Elle évolue peu à peu vers une vie normale en compagnie d’Anna, sa nouvelle meilleure amie. Mais le mal infligé continue de la hanter après une ellipse d‘une quinzaine d‘années.

 


D’abord, la violence s’expose. Un grand bain de sang, une fusillade fait vibrer la salle de cinéma. Toute une gentille famille est mise à mort par celle que l’on avait jusque là placé dans le rôle de l’enfant mutilé. Lucie n’en démords pas, selon elle, ce sont eux les responsables. Cette violence est annoncée par la bande annonce, elle est donc attendue. On se sent comme au départ des montagnes russes, quand on sait à l’avance que ça va secouer et que ça commence à secouer. Les effets sont classiques et efficaces : suspens, passage du rire au sang, morceaux doux ou silences suivis d‘éclats sonores, hurlements continus, armes, hémoglobine etc.


Peu à peu, la trame se tisse et se complexifie. A la violence succède une noirceur extrême, profonde, machiavélique. Dans le caniveau, la volonté la plus sadique, la plus grande immoralité, celle qui chosifie l’homme à des fins expérimentales, celle qui déshumanise et détruit sciemment.


« Ce ne sont que des victimes, le monde est ainsi fait qu’il n’y a plus que des victimes ».

 

 



Je n’en dit pas plus car c’est aussi la découverte de cette noirceur qui surprend et ébranle les spectateurs habitués aux simples effets visuels. Oui, Martyrs fait peur comme tout film d’horreur digne de ce nom, il nous dépeint l’horrible mais il insuffle en plus une envie de résister à la peur. Souvent les films d’horreurs se terminent sur ces extrêmes là : soit une happy end décevante, soit une fin ouverte du genre « ils souffrèrent à tout jamais » comme dans The Descent. Ici, nous nous délectons d’autant plus de toutes l’artillerie de violence et de douleur que la fin est aboutie, qu’elle s’offre à nous en apothéose, comme un fruit mûr.

 

 

 

Mardi 16 septembre 2008
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Par Soredamor - Ecrire un commentaire

                                                               (Paris Texas de Wenders )


Je vais mettre une note sur 10 aux films que j'ai vu cette dernière quinzaine juste histoire de laisser une idée de mon échelle d'appréciation quand je voudrai vraiment m'arrêter pour en dire quelque chose de construit.



  • Le lauréat de Mike Nichols : 6,5/10 : Hilarant (j'ai trouvé) et accompagné d'une bande sonore sympa des Simon and Garfunkel. Assez déjanté, à contre courant des romances hollywoodiennes classiques.

  • Quand passent les cigognes de Kalatozov : 8/10 : Vu trois fois. Coup de coeur. 

  • Le miroir de Tarkovski : 9/10 : Vu trois fois. La troisème fois sur grand écran. C'était comme une méditation, un voyage au coeur de l'être entre rêves, souvenirs, empreintes de l'histoire. Ce n'est peut être pas le film le plus réussi de Tarkosvki mais c'est le plus personnel et certaines séquences sont tellement belles...

  • La garçonnière de Billy Wilder : 7/10 : Une comédie de Billy Wilder drôle, intelligente, acidulée, incisive. 

  • La Fille de 15ans de Jacque Doillon : 6/10. Premier Doillon que je vois.

  • Paris Texas de Wim Wenders : 6/10 . Super road movie silencieux pendant une bonne partie du film puis paf , il retrouve ce qu'il cherchait et ça parle, ça parle, ça parle, ça nous raconte l'histoire au cas où on n'aurait pas bien compris. C'est un couple qui s'aimait tres fort blabla...

  • Le Satyricon de Fellini : je sais pas /10 : Vu le matin apres une courte nuit. Je me suis tellement ennuyée qu'il m'a semblé que ce satané film n'allait jamais se terminer. Je me demandais sans arrêt : pourquoi est ce aussi théâtral ? Pourquoi ce décors en carton pate ? Putain c'est un Fellini quand même, ça devrait être bien... Puis j'ai compris : c'est le premier Fellini que je regarde, il me faut peut être du temps pour l'assimiler .

  • Annie Hall : 7/10 : Le meilleur Woody Allen que j'aie vu.




Cette année m'a vraiment rapproché du cinéma.  Bon la route de la découverte est encore longue, infinie et tant mieux... Mais je comprends vraiment aujourd'hui qu'un film n'est pas fait que pour distraire, qu'un film c'est une photographie, un tableau en mouvement, qu'il peut parfois prendre l'apparence d'un rêve ou même laisser son empreinte sur les rêves.  Je comprends ça. Et je n'en attends rien. Ni de dire des trucs intelligents, ni de me prétendre cinéphile ou quoi que soit. Juste un plaisir autre que celui de la distraction, un plaisir de sentir vraiment un écho, une vie en mouvement proche de soi.
Mercredi 18 juin 2008
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Par Soredamor - Ecrire un commentaire


 Le programme est ici .

Le réalisateur est à Paris pour cette occasion et présente lui même ses films. Pas très locace, il a quand même beaucoup de présence et c'est toujours intéressant d'avoir cette proximité public/créateur qui au fond peut se passer de mot. On dirait que les gens ont besoin de cette étiquette : grande célébrité inaccessible. Je pense qu'il s'agit d'un grand talent. En tous les cas, j'ai beaucoup apprécié Femmes en miroir et je compte bien y retourner.


Samedi 29 mars 2008
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Par Soredamor - Ecrire un commentaire

 

Hiroshima, un effacement, un traumatisme de la mémoire comme une lumière trop blanche, aveuglante. Hantés par des ombres, les témoins se regardent dans le passé et qui n'y trouvent qu'un trou béant. Comment raconter cela ? Tout cela, l'héritage, l'intensité, la blessure, la cicatrice et la quête de soi dans un passé qui est une négation de l'existence ?

 

 

Par quelques détails troublants, Ai kawase pense avoir retrouvé sa fille,mere de sa petite fille, dans la personne d'une jeune femme amnésique. Un test ADN pourrait facilement et froidement indiquer ce qu'il en est mais le fait est que Ai a envie de voir en cette étrangère sa fille perdue 24 ans auparavant. Un carnet de santé, une fissure dans deux miroirs, un geste du quotidien, une chambre inchangée, quelques éléments tracent peu à peu un sentier qui les mène directement à Hiroshima. Les trois femmes : la grand mère, la présuposée mère et la fille, vont donc essayer de reconstruire le pont des génération et de rétablir une continuité.


Dans le miroir, objet omniprésent du film, apparaissent les doubles, c'est à dire des images identiques à ceux qui s'y mirent mais completement étrangères : le double ressemble mais il est un autre à la fois opaque et inquiétant. Il est aussi pareil à la mémoire qui est constitutrice de soi et de son identité propre mais qui ,ici, se dérobe ou fait brutalement irruption en créant une intimité inquiétante avec un vécu très chargé.

C'est un film vraiment très beau, tout en lenteur, en fissures, en points d'interrogations. Il ne nous promet pas de nous conduire quelque part et de nous délivrer un message. Tout le charme est là : nous suivons le processus d'enfouissement, de la surface lisse et vide, nous allons jusqu'à frôler, en une caresse intense et terrifiante, l'insoutenable passé qui s'est autoeffacé de lui même.

Jeudi 20 mars 2008
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Par Soredamor - Ecrire un commentaire

 Qu'il faut attendre. Que le temps donne de la distance. Qu'est ce que le temps ?  C'est la douleur qui passe et qui s'estompe. C'est l'oubli émotionnel.  Un systeme de référence, d'avant et d'apres.

 Mais plus le temps passe et plus j'ai envie de me taire.

En passant sur des blogs, je lis des textes incisifs qui m'interpellent. Fuck the world, révoltez vous !  Je comprends le mal être de certains et j'apprécient même de les lire de temps en temps.  Mais ces coups de gueule là ne me touchent plus.
Ca ne m'atteint pas du tout. Je passe de loin en loin avec une pointe d'amertume et de sourire.  Les jeunes révoltés comme ceux qui distribuent des tracts communistes devant ma fac, je ne les aime pas, Je trouve qu'ils se délectent bien trop de la révolte pour la révolte. Ils viennnent harceler les autres avec leur produit intellectualisé de révolte à l'usage des masses qui ne touche que leur clan de convertis. Et ils ne comprennent pas qu'on puisse vouloir appuyez au moins quelques instants dans sa tête sur la touche exit de la réalité du monde.  Ils ne comprennent pas qu'il puisse exister des causes que je n'ai pas envie de faire miennes même si elles concernent toute l'humanité. Ils ne comprennent pas, les jeunes qui exhortent les autres à penser politique, que pester contre la connerie des autres, je ne veux pas en faire ma spécialité.

Et je dis "je trouve", ça n'implique que moi, je ne prétend pas à une généralité touchant les classes d'hier ou les connards d'aujourd'hui.


bonnard-copie-1.JPG  













[Nu dans la baignoire,peinture de Pierre Bonnard]

  La première fois que j'ai vu ce tableau, c'était en vrai au musée d'art moderne. Je me balladais, l'air blasé, et restait hermétique au charme du moderne jusqu'à ce que je tombe sur ce tableau là et d'autres de Bonnard. On ne le voit pas bien ici, mais il y a dans ce tableau une véritable alchimie des couleurs. Le bleu profond contrebalancé par le jaune vif , le mauve de la rêverie, le vert de l'eau, le beige de la peau... Enfin, je saurais mal décrire cette magie, je m'habille beaucoup en noir et m'interesse en général peu aux couleurs, mais là, c'est un effet qui prend ou pas, qui vous happe dans son athmosphere énergisante de délicieuse rêverie ou pas. Moi, quand je me suis retrouvée dedans, j'ai eu du mal à bouger. De toutes les reproductions que j'ai pu trouver sur le net ou en bouquin aucune ne reprennnait les mêmes couleurs. Cette image là est vraiment vieillie, terne, fade comparé à l'originale. Mais ça permet quand même de visualiser un peu, de retrouver un peu dans la pâle copie le spectre de l'oeuvre....
  Parmis les rares articles sur Bonnard que j'ai pu lire sur le net, un type descendait en fleche toute son oeuvre mais par des arguments vraiment cons. Ce type se demandait ce qu'avait fait Bonnard pendant la guerre et pourquoi il avait peint des femmes dans leur salle de bain plutôt que de témoigner sur la guerre. 
  Je regarde ce tableau et je trouve qu'il est au contraire très parlant. Il nous dit ce que faisait Bonnard pendant la guerre : il admirait la beauté là où il pouvait la trouver.
 



Jeudi 24 janvier 2008
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Par Soredamor - Ecrire un commentaire

six-feet-under.jpg
C'est l'histoire d'une famille de croquemorts.

  Une formule simpliste, un prétexte qui en dit bien peu sur la magie de Six feet under. Un enterrement, c'est avant tout un fait social pour les vivants. C'est un évènement qui nous rappelle que nous sommes mortels et que la vie même est ponctuée de renaissances et de morts, de moments de transition apres lesquels rien ne sera plus jamais pareil.

  La famille Fisher habite dans l'entreprise funéraire du même nom et cotoie la mort tous les jours. Les cérémonies, le chagrin, les larmes et les cadavres constituent son principal fond de commerce. La réussite de cette série, c'est la dimension et le réalisme de ses personnages : une poignée d'êtres mal assosrtis qui se cherchent, s'engueulent et cohabitent tant bien que mal. Les dialogues sont incisifs et profonds et des répliques décochées viennent souvent nous atteindre en plein coeur.

"Because you don't know the beauty of your own truth" Tout prendre, ne rien rejeter. Fringale d'humanité révélée, de nature affranchie du joug de la morale et de l'autorité. Au fond, nous sommes tous des ames perdues, errantes. L'anticonformisme et l'ironie ne sert qu'à poser devant nos yeux, sous un éclairage nouveau, une vision sans artifice.

  On me dit souvent que la série est un genre mineur, à la mode, qui se regarde comme ça de temps en temps. C'est la seule série que j'aie regardé d'une traite et dont je peux affirmer sans rougir qu'elle a eu un impact profond sur moi, m'a faite rire, pleurer et qu'elle est entrée dans ma vie et ma solitude comme une chose vivante.
 
 
Je reviendrai sur cette série parce qu'elle m'a vraiment marquée. Il y a pour un moi un avant et un après six feet under.


Jeudi 15 novembre 2007
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Par Soredamor - Ecrire un commentaire

Le mot-clé gagnant

A celui qui a attéri ici en tapant ça :
institutrice en string rose

Bravo ! (et oust passe ton chemin lol)

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