Des gens, des visages



 


Dix élèves tout au plus par classe l'année dernière, nous voici cette année à plus de quarante. Et par centaines dans l'amphi, des centaines qui applaudissent à la fin du cours comme s'ils étaient au théâtre ou peut être par excès de politesse. Mystère. Le grand changement de cette rentrée, c'est l'afflux en masse de cet animal bizarre qu'est l'étudiant en prépa. L'étudiant de fac de base normalement passe plus de temps à rêver, à aller au bistrot ou au bar et à chercher des petits boulots pour se faire de l'argent qu'à réellement penser à sa carrière littéraire ou à sa supériorité intellectuelle. L'étudiant en prépa de base quant à lui sait déjà tout : grec, latin, anglais, espagnol, Gide, Mallarmé, Virgile, Rousseau. Il n'y a qu'une seule chose qu'il ignore encore : ce que l'on attend de lui exactement. C'est marrant de voir à quel point le seul fait d'entrer dans un endroit dont il ignore les règles peut destabiliser un bon élève acharné de base. Nous avons donc le plaisir d'assister au quotidien à des performances orales, à des minauderies littéraires, à des batailles pour savoir qui y touche le plus. C'est marrant, ça met de la vie dans cette machine à broyer les élans spontanés, mais ça reste tout à fait risible et inutile. J'ai encore la naïveté de croire que l'on peut avancer, apprendre lentement et surement entre deux tasses de café. Et quand je vois une petite fourmi le nez plongé dans un énorme dictionnaire faisant des fiches à la chaîne à se rompre le souffle pour pouvoir apprendre ensuite par coeur des définitions, j'éprouve ce que j'éprouvais en cours de sport quand je trouvais ça tout à fait inutile de courir au lieu de marcher. Evidemment, je n'irais pas aux JO ni même au JO de lettres. En riant du zèle de ces nouveaux venus, de leur égo si visible et bruyant, je découvre que j'en ai enfin fini avec ce vieux complexe de la performance. Désormais, je fais de mon mieux pour saisir délicatement ce qui peut m'être agréable. Et je dis ça, un grand sourire au lèvre. Je sais qu'il n'y a pas de prix à gagner et j'en suis très heureuse.


Samedi 11 octobre 2008
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Par Soredamor - Ecrire un commentaire

Je crois que ça restera pour moi une citation culte.

" Tous les soirs à 21h30, je chie"   septembre 2008, femme anonyme
Jeudi 25 septembre 2008
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Par Soredamor - Ecrire un commentaire

  Elle trainait avec elle un livre sur le sable fin de la plage. Un livre rose, écrit en gros caractères, vendu à des masses.

  J'ai tout de suite compris ce qui l'avait attirée dans ce bouquin.  Un fille y faisait son apparition textuelle avec pour trait particulier  le fait qu'elle se cognait tout le temps et qu'elle avait toujours des bleus. Et justement, j'avais cette fille là sous les yeux, elle.


   Depuis la dernière fois que je l'ai vu, c'était il y a an,  elle est devenue méconnaissable. Tres pale, amaigrie, toujours en régime malgré sa silhouette squelettique, elle a autour des yeux des disques gris noir qui transpercent son anti-cerne.  Affaiblie par son jeûne permanent, elle a tres peu d'énergie, juste assez pour perpetuer lentement d'interminables petites habitudes : se démaquiller, se maquiller se vernir les ongles, s'observer dans le miroir, faire ses ablutions et sa prière. Je la regarde agenouillée qui prie comme un ange. Elle prie avec un caftan noir d'intérieur et un châle noir sur la tête. Ses mains sortent des manches du caftan, soigneusement vernies de rouge. En dessous, je sais qu'elle porte cette petite jupe rose de plage. Et je me dis que c'est la réunion de deux mondes si éloignés. Ces deux mondes cohabitent encore là bas au Maroc où tout peut cohabiter, mais ailleurs ?

 
  Malgré tous ses efforts pour cacher les petites marques, pour atteindre la perfection, son corps parle. Elle erre, lolita fantomatique, entre le lit et la salle de bain, parfois jusqu'à la plage. Je n'ai pas  su comment parvenir jusqu'à elle.  J'ai voulu la prendre en photo. Elle s'est pliée au jeu sans protéster, sans même s'apprêter. Anémiée, vêtue de rose pâle, dans cette villa de plage en ruine qui renferme tant de souvenirs d'enfance, pas toujours heureux d'ailleurs. Je l'ai prise en photo dans cette maison en ruine contre un mur entièrement fissuré.  Je regarde la photo de son buste contre ce mur fissuré. Son haut de pyjama est rose clair comme la petite jupe. Elle a l'air si triste, elle si est si pâle, grise comme le mur fissuré. On dirait qu'elle tend à se fondre à l'intérieur, à disparaître. On dirait qu'elle se tâte encore pour savoir s'il lui faut plonger, entrer dans la vie, avec ses horizons et ses injustices, ou simplement faire un pas en arrière .
 
   Je ne me suis jamais levée assez tôt pour assister à un lever de soleil mais là j'ai cru reconnaître un moment parfait de jonction, d'éclipse . Elle était aveugle et insouciante comme le sont certains enfants nonchalents. A présent, elle y voit trop clair et ça lui parait affreux. Ce n'est pas l'adolescence. Non, je dirais qu'elle n'a jamais eu d'adolescence.  Il y a eu l'enfance puis l' efflorescence. Efflorescence.   Le moment arrive où d'un gros bloc, la vie vous transforme en un millier de petits cristaux prêt à se dissoudre dans l'univers. Efflorescente, voilà comment je vois ce débris d'enfant égaré parmis les adultes.






Mardi 9 septembre 2008
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Par Soredamor - Ecrire un commentaire

Certains soirs, on peut apercevoir dans mon quartier une grande perche portant une perruque blonde, d'interminables talons flashy, un petit top dos nu été comme hiver et une mini jupe qui laisse entrevoir un string rose entre ses fesses poilues. C'est ce qu'on appelle un « travelo » pour ceux qui n'ont pas saisis.


Je revois ma mere ou des gens du coin la pointer du doigt en qualifiant cette personne de «catastrophe » ou de «malediction». Mais je n'ai eu aucune pensée de la sorte, je me suis même réjouie du fait qu'il y ait quelque chose d'inhabituel pour destabiliser un peu les petites familles bourges conservatrices du coin. Je me disais intérieurement « vas y Barbie ken mets leur en plein la vue ! Scandalise les, montre leur la force d'un choix !»


Ce soir, je me suis trouvée sur son chemin en rentrant chez moi. La créature m'a laissée passer en gémissant avec une fausse voix aigue : « Allez y MONSIEUR ou MADAME».


J'ai explosé de rire. Franchement, je ne transporte pas de pancarte avec inscrit dessus VAGIN, je n'ai pas une grosse poitrine, je ne me maquille jamais mais je n'ai pas besoin de ça, je n'ai besoin de rien et je n'ai aucun doute sur le fait d'avoir l'air d'une fille à deux km à la ronde comme à 1 metre de près. Et ce, même dans le noir. Alors même si ça m'a bien fait rire, l'hostilité de l'apostrophe m'a un peu heurtée. Enfin, hostile, je l'ai interprêtée comme ça. Peut être que finalement, ça ne traduit que sa propre instabilité.


A quand le jour où on ne pourra plus appeler les gens en les désignant par genre « monsieur, madame, jeune fille, jeune homme » sans avoir peur d'être à côté de la plaque ?

Dimanche 6 avril 2008
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Par Soredamor - Ecrire un commentaire

Elle va arriver avec sa petite valise en cuir Lancel et sa grande valise noire contenant l'essentiel pour investir « mon espace » pendant au moins un mois. Elle va ramener avec elle sa tripotée de petits hauts Jean Paul Gauthier, Hugo Boss, Escada... ses chaussures Roberto Cavalli et compagnie. Son I-phone sonnera sans arrêt et le soir, la télévision sera invariablement allumée, fenêtre ouverte sur l'enfer. Le matin, elle mettera des heures pour s'habiller et sortir apres avoir essayé une dizaine de combinaisons jean/haut/sac/chaussures. Puis il y aura aussi ses copines dont on entendra parler tous les quarts d'heure. Pas chiantes les copines, encore plus désespérées qu'elle avec tout le temps plein de problemes à déverser par téléphone : «et je te raconte pas » disent-elles toutes avant de caqueter de plus belle.


Je suis désolée pour tous ces noms pauvres car ou ils sont vraiment misérables pour moi. Est ce par simple esprit de contradiction ? Non, c'est gravé dans ma mémoire d'enfant, plus jamais ça, plus jamais de vie axée autour de bouts de vanité auquel on fixe des prix exorbitants pour se donner de la valeur. C'est ancré dans mes souvenirs de voyage. Ces voyages qui se sont fait à la force des larmes, des cris, des exigences d'une femme qui s'imaginait vivre comme une reine alors qu'elle n'était que bien lotie. New York, rien que ça. Des journées entières à marcher de magasin en magasin dans les rues de New York, à trainer derrière elle, deux vrais boulets mon père et moi. Comment est ce que ça me va ? Nous étions sincèrement incapable de répondre. Est ce que je parais grosse là dedans ? J'ai fini par comprendre qu'il fallait répondre au hasard avec l'air de s'y connaître mais mon père lui n'y est jamais arrivé et d'ailleurs son avis n'a vite plus eu aucune importance. Il a été catalogué : indifférent, sans goût.


Dès qu'elle arrive et qu'elle franchit la porte commence la phase du ménage et de la réorganisation. On dirait qu'elle éprouve le besoin de mettre la main partout. Mais dans cette pièce, partout, il y a moi, mes brouillons éparpillés. Déjà dans ma chambre d'adolescente, elle tendait le bras, saisissait un bout de papier en fronçant les sourcils et me demandait sur un ton de reproche : « c'est quand que tu as eu cette note ? tu ne me l'a pas dit». Alors imaginez qu'elle trouve un bout d'emballage de préservatif ou une clope. Je n'ose même pas y penser. C'est un passage obligé, le ménage, on ne peut pas l'empêcher ni y échapper, c'est le prétexte du siècle pour arrêter de vivre. Pour moi, c'est insuportable.

 

« - Assieds-toi d'abord et reposes toi un peu, tu viens d'arriver

- D'accord, je nettoie d'abord l'évier et je range la vaisselle»


Debout, à l'entrebaillement de la porte, je la regarde qui récure l'évier que je viens de laver le jour même pour éviter ça justement. Progressivement, je me vois enchaînée, dépossédée de ma volonté comme dans un affreux cauchemar. Reposes toi, assieds toi, va faire tes devoirs, aie de bonnes notes. Le reste, je m'en occupe. Je m'occupe de réorganiser tes placards, de te faire à manger, de te choisir des vêtements, de te présenter les gentilles filles de mes amies pour que tu aies une sociabilité acceptable, de te dire qui il faut condamner et fuir (les pds, les noirs etc.), quoi penser, quand il faut sourire, quand il faut dire merci, quand il faut se taire. Ma grande chose sortie de moi. Comment est ce possible que tu sois déjà si grande et si étrangère ?


Je vais faire une prière ce soir. Je vais jeter la bouteille de mes espoirs à une mer vide et vaine. Rendez là moi comme elle était avant de perdre ses vraies illusions de bonheur. Rendez la moi quand elle avait vingt ans et qu'elle voulait mourir. Rendez moi celle qui dessinait des arabesques sur le plafond de sa chambre avec la fumée noire d'une bougie. Rendez la moi avant qu'elle ne s'impose autant, si morte dans ce corps trop raide et trop débordant.

Samedi 29 mars 2008
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Par Soredamor - Ecrire un commentaire
 
  Remplir les paroles de sa présence comme des verres de lait. Ils sont d'une substance fluide, ces mots prononcés, ils ont un goût particulier d'émail et d'os semblable à nul autre.  Ils coulent comme un filet de bave transparent,  ils filent à toute allure pour que rien ne soit perdu, pour que tout soit dit. Mais le regard fuit dans l'autre sens, il se tourne vers le dedans. La passion est ailleurs et les mots prononcés ne sont plus que des verres vides dont les éclats se fichent brutalement dans ma conscience.

  Je me rend compte : les gens autour de moi n'ont que ce genre d'exitence, ils sont plats, bi-dimensionnels. Je leur donne des noms imaginaires qui correspondent à ce que je perçois d'eux. Agnes, Betty, Allison... les pauvres, si je leur ai donné ces noms là, c'est que je ne les aime pas vraiment et que je devrais me trouver une autre occupation que celle de coller des étiquettes aux gens. Et pourtant, ça me plaît bien de jouer à celle qui baptise. Ca me place derrière un écran, ça me donne l'impression de deviner d'après des indices visibles et ,surtout, ça capture dans quelques sons, cette première impression qui ne signifie absolument rien et qui détermine pourtant beaucoup.

 

  Il y a lui : le seul que je n'aie pas renommé. Je n'aurais jamais pu faire mieux que ses parents. Il a ce genre de prénom et de nom irréels que j'aurais donné à un personnage de héros mélancolique pour le rendre attrayant. Aucune sonorité gutturale, c'est un nom doux à entendre, presque un nom de fille pour un jeune homme. Déjà un paradoxe. Il a le regard de quelq'un qui n'a pas besoin de voir de près, un regard flou, lointain, enfiévré. Son visage est d'une pâleur maladive. D'ailleurs, il est surement né comme ça ou alors il ne dort pas. A part ça, je ne le vois pas, je ne perçois rien de lui, il n'est qu'une présence, un pôle. Son écriture : elle suit les lignes, les lettres sont fines mais pas trop, bien formées : il s'applique. Une écriture écolière et féminine : ca va, je suis en territoire connu. La première fois que je l'ai vu, j'ai eu l'impression de voir surgir le grand Meaulnes. C'était agaçant. «Eh merde des fantomes, maintenant» m'étais-je-dit, «il va falloir que tu commences à voir les gens comme ils sont et non comme tu voudrais qu'ils soient».

 

 J'essaie de garder ma respiration régulière pour changer l'ordre des importances, pour qu'aucune impression ne prenne l'ascendant sur mon aquarium, que rien ne soit plus important qu'il ne faudrait. En fermant les yeux, je perçois une petite luciole qui vacille et volète doucement à l'intérieur ou quelque part. Je la fixe. Je n'ai rien pour l'attraper. Puis je me rends compte, ce point, cet infime petit point, c'est mon grain de lucidité.

 
 
 
Mercredi 20 février 2008
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  J'explique et ensuite je craque ou l'inverse , dans quel sens préférez vous ?

  D'abord donnons des noms aux personnages (pas des acteurs mais des membres du choeur) de ce théâtre assez commun dans lesquel beaucoup de personnes pourrons se reconnaître ( moi par exemple).
Mon oncle baboin religieux, nous l'appellerons Sire Branco. Son rôle même s'il est minime dans cette histoire provoque chez moi des crises de rire hystérique et nerveux.
L'héroine en question, ca sera Nadia.

  La grande nouvelle de la journée : Nadia se marie.

Réaction du choeur : Ouah, c'est super !

Petite précision : avec un français catholique attaché à sa religion.

Nouvelle réaction du choeur : Bouh , oh lâ lââââ... quelle tragediie ! 

Là Sire Branco se sent particulièrement offensé par cette nouvelle. C'est le genre de fait qui le fait se sentir indigné et c'est aussi l'occasion pour lui de sortir son joli sermon du samedi. Péché ! Péché !  Sympa pour  le pere de la demoiselle en question qui essaie d'accepter malgré les batons qu'on lui met dans les roues, les choix d'adulte de sa fille. Donc reprenons : PECHE , Devant dieu c'est mettre en péril cette chose sacrée qu'est la matrice , L'UTERUS de la femme est sacré et ne doit pas être souillé par un mécréant qui vole l'une de nos fille !

   La réponse du père : Même les vaches ont un utérus. Ces pseudos docteurs religieux sont des idiots qui n'ont pas trouvé d'autres moyens que  de détourner la religion pour se faire connaître et influencer les gens .

  Trois camps se forment à partir de là : les tolérants, les hypocrites et les extrémistes. Les premiers sont ceux qui sont directement concernés.    Les seconds souhaitent bonne chance aux premiers mais n'aimeraient pas se trouver dans leur situation. Les troisièmes réagissent comme un nazi face un juif .

Samedi 5 janvier 2008
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Par Soredamor - Ecrire un commentaire

   Situation initiale : Une fête familiale à effectifs réduits

   La journée en question se passait dans la trop grande maison de ma grand mere. J'ai déposé mes affaires dans la chambre de la cousine N. qui habite dans cette maison avec sa mere en temps normal et  chez son pere pour les fetes. Autre personne dans le meme ennui que moi : la cousine K. agée de 14 ans légèrement muette .  Grande attraction de la journée : l'ordinateur tout neuf rutilant de la cousine absente et sa chambre toute mignone chauffée et décorée à son goût.  Cette chambre en gros était le seul ilot de chaleur dans la grande maison.

  Element perturbateur :
 
  Il commence toutes phrases par "Dieu a dit" et nous gratifie d'interminables sermonts moralisateurs à table. Le sérieux et la sévérité de son attitude contrastent singulièrement avec son age et sa situation : il a la trentaine et vit encore avec sa mere. Il a raté beaucoup de choses dans sa vie : les études, l'indépendance, un mariage qui a duré une semaine. La religion, c'est un peu son cours de rattrapage pour devenir quelqun de bien mais là encore c'est raté. Il vient de se fiancer avec un fille qu'il a aperçu dans la rue et qu'il a trouvé jolie. Seule hic, elle fait encore ses études dans un pays de l'est (un truc genre roumanie). Il vient de découvrir le CHAT et a acheté toute la panoplie caméra micro pour l'installer sur l'ordi tout neuf de N. (oui, pas le sien parce qu'il est trop radin pour investir dans un ordi et pas assez pour acheter une voiture de luxe inutile). Le problème, c'est que malgré les airs de sagesse qu'il se donne, c'est un baboin idiot  incapable d'installer lui même le logiciel de la caméra et d'en faire les réglages.

  L'action :

  K. et moi regardons un film nunuche sur l'ordi de N. : Nanny Diary.   IL ouvre la porte brutalement  et nous demande courtoisement de lui laisser la piece " Moi vouloir installer caméra, vous sortir, ca va prendre 10 min".  Il a ramené un ami sencé s'y connaitre en informatique pour ça. Sauf que l'ami en question n'y connait rien et n'a qu'une seule solution à la bouche à tous les problemes informatiques : "il faut formater". Donc ils l'installent cette foutue cam mais oublient d'en faire les réglages. Du coup, l'écran reste noir. Il va acheter une seconde caméra et revient dans l'espoir que celle ci va fonctionner. Je leur donne un coup de pouce en indiquant où faire les réglages dans l'espoir de mettre fin à cette histoire. Et vous savez quoi ? MIRACLE DIEU L'A VOULU, ca marche !

Nouveau probleme : puisque c'est une question de reglages,  faire fonctionner la première aussi et se faire rembourser la 2eme (qui coute 10 euros). Redémarrage de l'ordi. Les deux zozos n'ont pas la patience d'attendre que ça démarre tranquillement, leur empressement bloque l'ordi. La solution du connaisseur : Il faut tout formater. La solution du baboin : il faut le taper. Oui, oui, c'est bien ça. La nouvelle technologie, ca se corrige. Il nous en fait alors la démonstration : il se lève tout fier et arache le cable électrique qui alimente l'ordi. Ecran noir. Realimentation. Redémarrage. Réalimentation. arrachage de cable sans même attendre la fin du démarrage juste pour le plaisir.

La timide petite K. qui en général ne parle jamais se risque à glisser un minuscule : "c'est pas sympa d'abimer l'ordi de N., elle était toute contente de l'avoir".  C'est alors qu'il déverse sur cette jeune fille de 14 ans toute la frustration de la cam non installée. Il enserre de ses deux pattes le cou de K. en lui hurlant au visage :  "MOI PAS TON FRERE, MOI PAS TON AGE". De peur, la petite K. verse quelques gouttes de pipi dans sa culotte. Pourtant, c'est une grande fille mais il y a des situations comme celle là qui réduisent les grandes filles à rien.


  Dénouement :

Il vécut heureux et eut beaucoup d'enfants.

L'ordinateur a sauté. La petite K. a pleuré. Solution des grandes personnes : chut, surtout tais toi et arrête de pleurer sinon tu vas provoquer un scandale.



Samedi 5 janvier 2008
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Par Soredamor - Ecrire un commentaire





- elle ?

- oh elle...de plus en plus cinglée. Angoissée et exigeante. Trop exigeante, comme si elle avait des droits. C'est Madame la reine.

- Et lui ?

- Calme, détaché. Patient. Tellement complaisant en fait qu'il en devient énervant. Toujours pret à écouter, à comprendre, même quand les autres ont tord. Peuh ! Comme si le fait d'avoir une raison de faire quelque chose pouvait donner raison !

- Au moins, ça tient comme ça. Aucun autre n'aurait pu la supporter.

- Tu parles. Ca la rend encore plus malade. Ca lui donne envie de pousser plus loin, de chercher des limites.

- Et elle en trouve ?

- Oui, évidemment. Elle est forte pour ça et elle s'entraîne. Et puis, même lui, même s'il est fait d'un bois solide, il a aussi ses limites.    

Vendredi 14 décembre 2007
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Par Soredamor - Ecrire un commentaire


Juive marocaine racontant sa vie. Un passage que j'ai trouvé interessant :


"Au début, le stewart m'a placée à côté de l'issue de secours. Quand je m'en suis rendue compte, j'ai voulu changer de place. Il a essayé de me rassurer et de me convaincre de la garder en m'expliquant qu'être à côté de l'issue de secours, c'est bien, parce que s'il arrive quelque chose, on peut ouvrir la porte et sortir en premier. Mais moi, rien qu'en voyant l'issue de secours, j'ai trop peur et je sais bien que s'il arrive quelque chose, je serais incapable d'ouvrir la porte. Déjà même le gilet, je ne saurais pas, je ne regarde jamais les gestes bizarres qu'ils font là...

Enfin bon, j'ai voulu changer de place alors il m'en a montré une à côté d'une fille qui était voilée et il a cru un instant que je n'allais pas vouloir m'asseoir à côté parce qu'elle était voilée. Tu parles !

J'ai pris cette place, mais la pauvre fille, elle pleurait. Comme il distribuaient les plateaux repas, elle a demandé à l'hotesse si la viande était hallal. L'hotesse ne savait pas. Bon moi j'avais de très bons sandwichs cachers dans mon sac, je lui ai dit de laisser tomber le repas de l'avion -vu que c'était le genre d'avion où il faut payer le repas- et je lui ai donné un sandwich.

Ensuite je lui ai demandé :« pourquoi tu pleures?» Elle m'a répondu : « ma soeur a un cancer du sein ». Quand j'ai entendu ça, je ne te décris même pas ce que j'ai ressenti. Je suis devenue blême. J'ai regretté d'avoir pris cette place. Je lui ai dit : « moi aussi j'ai un cancer du sein ». Alors elle a ajouté : « et ma mère vient de mourir ». C'était incroyable pour une coincidence.

Je me suis exclamée : « moi aussi ma mère vient de mourir ! ». Alors on a discuté de nos expériences respectives, elle m'a raconté ce qu'elle faisait dans la vie et moi, je lui ai raconté tout ce qui m'était arrivé. Et là, alors qu'elle pleurait, elle s'est mise à sourire et elle m'a félicité : : «Je ne m'y attendais pas. Vraiment, tu as l'air d'être forte et de tenir le coup. Je ne m'attendai pas du tout à quelq'un d'aussi sympathique. Quand je t'ai vu, élégante, propre sur toi, tu m'as paru hautaine et il m'a même semblé que tu étais juive !» 
 
"

Mardi 20 novembre 2007
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Par Soredamor - Ecrire un commentaire

Le mot-clé gagnant

A celui qui a attéri ici en tapant ça :
institutrice en string rose

Bravo ! (et oust passe ton chemin lol)

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