Je viens de voir ce film qui m'a profondément touchée. Je traîne avec moi ce titre depuis au moins cinq ans et il m'a fallu tout ce temps pour que j'aie envie de plus que la simple séquence qui m'avait attirée.
Dans les quartiers pauvres de Montréal vit Léo Lauzon, un enfant qui ne se reconnaît pas dans les membres de sa famille. Ceux-ci le dégoutent et lui sont en même temps liés par quelque conbinaison hasardeuse du sort. Il se proclame italien et se rebaptise Leolo Lauzone, nom qu'il prononce à l'italienne. Etranger, complètement étranger, exilé dans une italie de rêve qu'il écrit dans ses cahiers.
Parce que moi je rêve, moi je ne le suis pas...
Cette phrase scande tout le film. Elle est un refrain, une mélodie murmurée qui nous ramène à chaque fois dans l'imaginaire de Léolo. Comme une formule magique. Elle transforme même les excréments en or. « Parce que moi je rêve, moi je ne le suis pas » Puis tout devient possible.
Le film est brutal et cru. Il ne nous dépeint pas un monde merveilleux, mais la fange dans laquelle grandit Léolo, la fange à travers ses yeux rêveurs. Au fur et à mesure que s'entrouvre la boite de pandore des souvenirs, nous nous acheminons des cabinets de toilette où chaque membre de la famille doit aller déposer un étron réglementaire vers la maladie mentale, vers une mélancolie bilieuse qui transperce les images de l'enfance sale.
Extrait final : (lisez le à voix haute, on ne s'en lasse pas)
« A vous la dame, vous l'audacieuse mélancolie qui d'un cri fendait ma chair que vous offrite à l'ennui. Vous qui hantez mes nuits quand je ne sais plus quel chemin prendre de ma vie. Je vous ai payée cent fois mon du. Avec les braises du songe. Ne me restent que les cendres du monde du mensonge que vous même m'aviez dit entendre. La blanche plénitude qui n'était pas comme la vieille interlude. Brune et léthale, la cheville fine et maligne, qui m'a piqué à peine d'un sein pointu, en qui j'ai cru et qui ne m'a laissé que le remords d'avoir vu le jour naître sur ma solitude.
Et j'irai me reposer, la tête entre deux mots dans l'avalée des avalés. »
Ce film m'a heurtée, m'a sorti de mon quotidien et maintenant il me hante. Devinez quelle est ma priorité
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