L'eau sur ta peau Ilyria,
Tu les connais les fontaines, toi qui erre auprès des sources, tu les connais intarissables et claires... Comme leur eau, ta peau glisse et file, insaisissable. Tant que tu ne commettras pas
l'irréparable, tu pourras rejoindre notre monde, ton monde et cette peau, incarnate, immaculée, cette peau que rien ne déchire et rien ne marque contre ta volonté, ce sera ton parchemin de
passage.
Ilyria tu es parfaite. Regarde le monde. Tes yeux le révèle.
Des yeux si étranges, on eut dit qu'ils n'étaient faits pas pour voir. Crayeux, nervurés, comme des boules de cendre en suspension. Parfois en leur centre, une lueur incandescente, c'est qu'il y a
encore du feu, une brindille, une étincelle, recule, prends garde !
Son coeur si dur, frappez le comme vous frappez vos pierres sacrées, frappez le si bien, il est des pierres qui pleurent, ils est des pierres qui se fendent et d'autres qui restent dures et séches
comme elles doivent.
Tu a cette écharpe d'étoile sur ton front, tu es fière, bien sise. Tu cours, ton voile céladon file derrière toi et prolonge ta course.
Tu les connais les fontaines du temps. Au moment où elles te lavent, elle te coulent. Comme leur eau, ta peau se glisse et file, insaisissable.
Lumière trop vive Tempère tes rayons
Prends le temps de t'épandre Délaye et délasse la matière Elle se roule et s'étale comme tu l'aimes la sourde muette figée hurlant sa pleine violence à la surface
humaine