L’histoire de mes lectures, c’est celle de coups de foudre. Avec les livres, je vais de révélation en révélation. Chaque fois qu’on me demande quels sont mes
auteurs préférés (déjà j’ai un peu de mal à comprendre ça), je raconte mes histoires d’amour passées. D’abord, il y a eu le petit livre bleu puis il y a eu Hesse, puis
il y a eu Rilke, plus il y a eu l’Oxymore puis il y a eu des livres de compatriotes marocains talentueux et sensibles dans lesquels je me reconnaissais puis il y a eu Taïa dont on me dit à chaque
fois avec l’air de s’y connaitre : « ah l’homosexuel ? » (moi envie de taper). Et bien d’autres, dont je me souviens et qui ont eu leur importance et auxquels je reviendrai
(Bobin, j'ai oublié de citer Bobin !!).
Le point commun entre tous ces livres qui m’ont touchée, c’est ce moment de « révélation ». Ce moment me fait renaître
à la lecture comme si c’était le tout premier livre que je tenais entre mes mains, le livre de toute une vie. Bien sur et quelque part heureusement, ce n’est qu’une illusion, une relation
exclusive au livre à un moment précis. C’est aussi un peu pour ça que j’ai du mal à en lire plusieurs en même temps à moins que ça ne soit seulement du divertissement ou du cours (bien que les
deux puissent aller ensemble).
On entend souvent dire de ceux qui aiment lire qu’ils lisent depuis tout petit. Enfant, on est déjà un être éveillé et grandir
c’est aussi régresser pour réapprendre. Lire tout petit, c’est gagner beaucoup de temps. Jusqu’à 12 ans à peu près, je détestais lire. A part quelques rares
exceptions ( Charlie et la Chocolaterie, La potion magique de George Bouillon (Roald Dahl) puis un peu plus tard L’Appel de la forêt ) je détestais les
livres et me refusais obstinément à en lire. Puis ensuite, en quatrième, j’ai commencé à lire des tas de Rougon Macquart de Zola. Maintenant, je trouverais surement ça très chiant mais à l’époque ça me paraissait être la vie, la vraie. Et
après, en troisième, j’ai découvert un certain Tolstoï avec Guerre et paix que j’ai lu deux fois. L’année d’après, j’ai entamé un roman d’un autre illustre inconnu
dont je n’avais jamais entendu parler: Dostoïevski. Maintenant je n’oserais pas m’attaquer à du Dostoïevski, ça me paraîtrait être trop ambitieux ou faire genre je lis
des bouquins biens comme l’opportuniste de Match Point. Mais bon, même si une bonne partie de Crime et Châtiments et des Frères Karamazov a du partir à la trappe dans
ma compréhension et ma lecture linéaire, même si je n’en pas saisi la complexité et la portée réelle, ces livres ont été présents à des moments difficiles d’adolescence et de solitude.
Ils ont eu leur importance et ont joué leur rôle. Déjà, se formait à ce moment là, un idéal de vie, un goût tardif pour les romans fleuves, ceux qu’on met toute une
vie à écrire et qui vous happent dans leur monde.
Jeudi 15 novembre 2007
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Publié dans : lectures
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Par Soredamor
Cet après-midi, j’ai été à la bibliothèque avec une amie. J’ai pris une pause pour boire un café. Celle qui m’a accompagnée parlait au téléphone et moi, je
balayais l’espace du regard. Mes yeux se sont posés sur une femme, comme ça, par hasard. Puis simplement dans le vague de l’attente. Puis de nouveau sur elle. Et
encore sur elle.
Elle avait la cinquantaine et une peau d’une couleur bizarre. Un mélange de marron, de gris et de noir. Elle avait une peau
couleur ocre et gris sale. Puis, c’est son visage qui m’a frappée. Un visage banal, presque normal. Presque. Pour peu que qu’on s’y attarde, qu’on le remarque, on
constate alors qu’elle a plusieurs poches de cernes sous les yeux qui forment comme des vagues d’écume noire. Son regard a quelque chose de
navrant, de triste, d’halluciné. Une hystérie à fleur de peau qui ne demande qu’à être provoquée. Puis j’ai
fixé é le sachet qu’elle tenait à la main. Il portait en caractères gras imprimés l’inscription : « presse et littérature ».
Là, j’ai commencé à sentir un malaise au creux de mon ventre. Je me suis demandée : « Et
si je me mettais à lui ressembler en vieillissant ? Si je passais de l’autre côté, de ce côté d’où l’on ne revient plus, d’où le visage reste à jamais marqué ? »
Au moment même où cette pensée m’a traversée l’esprit. Elle m’a regardé, moi. Puis elle m’a tiré la langue, complètement, avec
une grimace haineuse à se déboiter la mâchoire. En déroulant sa langue devant mes yeux, elle a exhibé deux grosses dents uniques fichées à
sa gencive supérieure et s’a peau s’est plissée, affaissée d’une façon effroyable. Son visage grimaçant ressemblait à un masque grotesque, vulgaire, fait d’une matière flasque. Elle ne m’aurait
pas plus insultée si elle m’avait pété dans la gueule. Pas, plus, oui. Comme moi, je l’ai insultée en la regardant de trop près.
Mercredi 14 novembre 2007
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Publié dans : Des gens, des visages
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Par Soredamor
Mon blog a de l'acné
Ou alors, c'est la lèpre....
Lundi 5 novembre 2007
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Publié dans : Sometimes
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Par Soredamor