six-feet-under.jpg
C'est l'histoire d'une famille de croquemorts.

  Une formule simpliste, un prétexte qui en dit bien peu sur la magie de Six feet under. Un enterrement, c'est avant tout un fait social pour les vivants. C'est un évènement qui nous rappelle que nous sommes mortels et que la vie même est ponctuée de renaissances et de morts, de moments de transition apres lesquels rien ne sera plus jamais pareil.

  La famille Fisher habite dans l'entreprise funéraire du même nom et cotoie la mort tous les jours. Les cérémonies, le chagrin, les larmes et les cadavres constituent son principal fond de commerce. La réussite de cette série, c'est la dimension et le réalisme de ses personnages : une poignée d'êtres mal assosrtis qui se cherchent, s'engueulent et cohabitent tant bien que mal. Les dialogues sont incisifs et profonds et des répliques décochées viennent souvent nous atteindre en plein coeur.

"Because you don't know the beauty of your own truth" Tout prendre, ne rien rejeter. Fringale d'humanité révélée, de nature affranchie du joug de la morale et de l'autorité. Au fond, nous sommes tous des ames perdues, errantes. L'anticonformisme et l'ironie ne sert qu'à poser devant nos yeux, sous un éclairage nouveau, une vision sans artifice.

  On me dit souvent que la série est un genre mineur, à la mode, qui se regarde comme ça de temps en temps. C'est la seule série que j'aie regardé d'une traite et dont je peux affirmer sans rougir qu'elle a eu un impact profond sur moi, m'a faite rire, pleurer et qu'elle est entrée dans ma vie et ma solitude comme une chose vivante.
 
 
Je reviendrai sur cette série parce qu'elle m'a vraiment marquée. Il y a pour un moi un avant et un après six feet under.


Jeudi 15 novembre 2007
- Publié dans : seen - Voir les commentaires
Par Soredamor - Ecrire un commentaire
 

L’histoire de mes lectures, c’est celle de coups de foudre. Avec les livres, je vais de révélation en révélation. Chaque fois qu’on me demande quels sont mes auteurs préférés (déjà j’ai un peu de mal à comprendre ça), je raconte mes histoires d’amour passées. D’abord, il  y a eu le petit livre bleu puis il y a eu Hesse, puis il y a eu Rilke, plus il y a eu l’Oxymore puis il y a eu des livres de compatriotes marocains talentueux et sensibles dans lesquels je me reconnaissais puis il y a eu Taïa dont on me dit à chaque fois avec l’air de s’y connaitre : « ah l’homosexuel ? » (moi envie de taper). Et bien d’autres, dont je me souviens et qui ont eu leur importance et auxquels je reviendrai (Bobin, j'ai oublié de citer Bobin !!).  

  Le point commun entre tous ces livres qui m’ont touchée, c’est ce moment de « révélation ». Ce moment me fait renaître à la lecture comme si c’était le tout premier livre que je tenais entre mes mains, le livre de toute une vie. Bien sur et quelque part heureusement, ce n’est qu’une illusion, une relation exclusive au livre à un moment précis. C’est aussi un peu pour ça que j’ai du mal à en lire plusieurs en même temps à moins que ça ne soit seulement du divertissement ou du cours (bien que les deux puissent aller ensemble).

  On entend souvent dire de ceux qui aiment lire qu’ils lisent depuis tout petit. Enfant, on est déjà un être éveillé et grandir c’est aussi régresser pour réapprendre. Lire tout petit, c’est gagner beaucoup de temps.  Jusqu’à 12 ans à peu près, je détestais lire. A part quelques rares exceptions ( Charlie et la Chocolaterie, La potion magique de George Bouillon (Roald Dahl) puis un peu plus tard L’Appel de la forêt )  je détestais les livres et me refusais obstinément à en lire.  Puis ensuite,  en quatrième, j’ai commencé à lire des tas de Rougon Macquart  de Zola.  Maintenant, je trouverais surement ça très chiant mais à l’époque ça me paraissait être la vie, la vraie.  Et après, en troisième,  j’ai découvert un certain Tolstoï avec Guerre et paix que j’ai lu deux fois. L’année d’après, j’ai entamé un roman d’un autre illustre inconnu dont je n’avais jamais entendu parler: Dostoïevski.  Maintenant je n’oserais pas m’attaquer à du Dostoïevski, ça me paraîtrait être trop ambitieux ou faire genre je lis des bouquins biens comme l’opportuniste de Match Point.  Mais bon, même si une bonne partie de Crime et Châtiments et des Frères Karamazov a du partir à la trappe dans ma compréhension et ma lecture linéaire, même si je n’en pas saisi la complexité et la portée réelle, ces livres ont été présents à des moments difficiles d’adolescence et de solitude.  Ils ont eu leur importance et ont joué leur rôle. Déjà, se formait à ce moment là, un idéal de vie, un goût tardif pour les romans fleuves, ceux qu’on met toute une vie à écrire et qui vous happent dans leur monde.   

Jeudi 15 novembre 2007
- Publié dans : lectures - Voir les commentaires
Par Soredamor - Ecrire un commentaire

Cet après-midi, j’ai été à la bibliothèque avec une amie. J’ai pris une pause pour boire un café. Celle qui m’a accompagnée parlait au téléphone et moi, je balayais l’espace du regard. Mes yeux  se sont posés sur une femme, comme ça, par hasard. Puis simplement dans le vague de l’attente. Puis de nouveau sur elle. Et encore sur elle.  

  Elle avait la cinquantaine et une peau d’une couleur bizarre. Un mélange de marron, de gris et de noir. Elle avait une peau couleur ocre et gris sale. Puis, c’est son visage qui m’a frappée. Un visage banal, presque normal. Presque.  Pour peu que qu’on s’y attarde, qu’on le remarque, on constate alors qu’elle a plusieurs poches de cernes sous les yeux qui forment comme des vagues d’écume noire.   Son regard a quelque chose de navrant, de triste, d’halluciné.  Une hystérie à fleur de peau qui ne demande qu’à être provoquée.   Puis j’ai fixé é le sachet qu’elle tenait à la main. Il portait en caractères gras imprimés l’inscription : « presse et littérature ».  

  Là, j’ai commencé à sentir un malaise au creux de mon ventre.  Je me suis demandée : «  Et si je me mettais à lui ressembler en vieillissant ? Si je passais de l’autre côté, de ce côté d’où l’on ne revient plus, d’où le visage reste à jamais marqué ? »

  Au moment même où cette pensée m’a traversée l’esprit. Elle m’a regardé, moi. Puis elle m’a tiré la langue, complètement, avec une grimace haineuse à  se déboiter la mâchoire.  En déroulant sa langue devant mes yeux, elle a exhibé deux grosses dents uniques fichées à sa gencive supérieure et s’a peau s’est plissée, affaissée d’une façon effroyable. Son visage grimaçant ressemblait à un masque grotesque, vulgaire, fait d’une matière flasque. Elle ne m’aurait pas plus insultée si elle m’avait pété dans la gueule. Pas, plus, oui. Comme moi, je l’ai insultée en la regardant de trop près.

 

Mercredi 14 novembre 2007
- Publié dans : Des gens, des visages - Voir les commentaires
Par Soredamor - Ecrire un commentaire

  Toujours tout en contraste, un temps dans le mouvement, un autre dans l'attente. Avec le va et viens de l'un à l'autre. Il faut se bouger, aller vers les choses. Ensuite c'est tout le contraire, il faut prendre le temps de s'apesentir et d'aller plus en profondeur. Ne plus sentir les heures, les jours, se laisser porter par une sorte de rêverie nécessaire. Puis se bouger encore pour que cette rêverie soit plus qu'un réflexe monotone et confortable.

  La vie est pleine de métaphores.
  J'ai deux ampoules bousillées chez moi, la pénombre s'installe et progresse. A côté de ça, il y a eu comme un court-circuit et la prise principale de l'audiovisuel est aussi hs. Ca fait trois jours qu'un petit pot de piment de cayenne s'est renversé dans ma cuisine et je l'ai gardé tel quel. Je regarde ce piment et ces bouts de verre en me disant à chaque fois : c'est exactement comme ça que je me sens. Mes lumières s'éteignent et je suis pleine de fiel, pleine d'encre comme cette substance rouge en suspension dans l'air et sur le sol. 

C'est quasi physique. Je n'ai été conçue ni pour l'hiver, ni pour la solitude.





Jeudi 8 novembre 2007
- Publié dans : Sometimes - Voir les commentaires
Par Soredamor - Ecrire un commentaire
  Mon blog a  de l'acné



Ou alors, c'est la lèpre.... 
Lundi 5 novembre 2007
- Publié dans : Sometimes - Voir les commentaires
Par Soredamor - Ecrire un commentaire
Une critique destructive constructive était attendue et a été bien transmise : Recu cinq sur cinq.

- Le fond de la page est composé de carrés bizarres contenant chacun une image que l'on distingue à peine.

- Le tout est surplombé par une bannière mal dimensionnée et très laide

- Le fond des articles est bizarre et déteint avec les carrés du fond

- Franchement, j'aurais fait ça en deux minutes, ça ne doit pas prendre plus de temps

- C'est du niveau net 2000, épuré mais en plus disharmonieux.... enfin, tu le sens bien avec tes sens ?





Avoir un bide qui sait encaisser. Puis au boulot.

Bisou à toi à qui je fatigue les yeux par ma page culcul dishamonieuse mea culpa


---------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Fond sonnore : Type O Negative, Slow, deep and hard

Vendredi 2 novembre 2007
- Publié dans : Sometimes - Voir les commentaires
Par Soredamor - Ecrire un commentaire
En ce matin cotonneux de jour férié, j'ai  des projets plein la tête  et j'ai envie d'un tas de choses...


-  Ecrire à quel point j'ai aimé
Le rouge du tarbouche d'Abdallah Taïa  et comment c'est devenu mon livre de chevet

- Entrer dans un cycle pates, pipi, caca , lecture et  lire d'une traite le seigneur des anneaux.

- Allez voir L'ennemi intime au cinéma (avant l'année prochaine si possible tant qu'il est encore à l'affiche ça serait cool)

-  Décrire mon parcours scolaire la tête froide sans entrer dans une bulle d'égo souvenirs à ressasser et sublimer le passé pour expliquer le pourquoi de mon inadaptation et de ma réorientation

- Chercher des gens qui ont un boulot intéressant pour leur poser des questions pas possibles.... SI VOUS AVEZ UN BOULOT SUPER MERCI DE ME CONTACTER lol  c'est à dire, si vous êtes : écrivain, réalisateur, journaliste par passion, scénariste, assistant réalisateur, assistant d'édition, responsable d'édition, documentaliste... enfin le champ est assez large... euh carrément trop large même. Il va falloir que je précise tout ça.

Allez ... au boulot


--------------------------------------------
Fond sonnore : Loreena Mckennitt intégrale
Jeudi 1 novembre 2007
- Publié dans : Sometimes - Voir les commentaires
Par Soredamor - Ecrire un commentaire

 
Je me souviens de l'histoire de ce journaliste américain décapité. J'étais en terminale quand j'en ai entendu parler pour la première fois. A la sortie d'un cours de sport, une amie m'avait glissé sur un ton anodin de conversation d'actualité : "j'ai vu une vidéo sur le net de gars en train de décapiter un américain". J'ai haussé les épaules et  me suis demandé intérieurement pourquoi les gens avaient un tel goût  pour le macabre et le sang. Un journaliste américain avait été tué quelque part pour d'obscures et injustes raisons. Moi je m'en fichais, je sortais d'un cours de sport et je trouvais la vie bien assez pénible comme ça.

   Là maintenant, je viens de voir A mighty heart, l'adaptation des mémoires de Marianne Pearl  et j'en suis  autrement bouleversée. Tout au long de ce film, c'est une attente qui nous est montrée. A la suite de l'enlèvement de Daniel Pearl , une petite équipe de journalistes, de proches et d'enquêteurs se réunit autour de Marianne et regroupe des indices pour retrouver son mari disparu. Certains aspects du film sont peut être romancés mais une chose est claire : lorsqu'un de vos proches est enlevé, le temps est comme suspendu, le cours de l'existence également, le seul espoir de retrouver la personne disparue occupe toutes vos pensées. Alors, comment faire un film pour parler de cette terrible attente, de cette non vie qui se situe entre le moment de l'enlèvement et la nouvelle terrible de la mort ?

  Tout d'abord, le début est quasi idyllique. Le jeune couple file le parfait amour, vit d'une passion commune pour le journalisme et Marianne est enceinte.  Debut et fin du  bonheur. Ces petites instants d'intimités du couple nous attachent à ces personnages centraux. Ensuite Daniel ,soustrait du film comme de sa propre vie, disparaît dans un hors-champ menaçant, étranger, pauvre où  grouillent les cellules terroristes et les extrémistes religieux .

   Le film m'a paru long, trop long mais comment faire autrement ? Le seul point de vue qui nous est montré est celui de ceux qui ne savent pas grand chose et qui découvrent petit à petit de nouvelles pièces du puzzle. Les médias ont une importance capitale en tant que principaux véhicules d'information. Téléphone, mail, vidéo sont les seuls points  relais avec l'univers des ravisseurs. Plus on démêle le noeud complexe des différents contacts d'une chaîne humaine, plus on se rend compte que tout à été organisé d'avance pour brouiller les pistes et mener à de faux coupables. Marianne se réfugie alors dans des bribes de souvenirs et fait  montre un sang froid remarquable. La nouvelle finale intervient comme un vrai choc à retardement. Elle plie alors bagages puis quitte le pays, une pointe d'amertume dans le coeur et une nouvelle vie toujours palpitante dans son ventre.

J'ai regardé ce film presque par hasard sans savoir grand chose de son sujet .Vers le milieu du film, ça m'a saisi comme ça : "mais c'est celui qui a été décapité" me suis-je dit. Là c'était comme si je le connaissais et que je me demandais aussi : "pourquoi lui, pourquoi Daniel Pearl ?". Et pourquoi des centaines d'autres pour ce qui nous paraît être des prétextes ?  Poser cette question reviendrait  presque à demander à une boite de Pandore grande ouverte : "Pourquoi le monde est-il ainsi dévasté ?"
Mercredi 31 octobre 2007
- Publié dans : Sometimes - Voir les commentaires
Par Soredamor - Ecrire un commentaire
  Ca m'avait manqué, de rentrer chez moi  le soir entre mes murs sérieux , de me préparer un petit thé et de songer à la couleur de la journée. Puis surtout, de l'exprimer. Parce qu'un sentiment  vague comme ça  d'une journée, on doit tous  en avoir avant de fermer les yeux sur le noir ou les rêves. L'exprimer... enfin, enfin retrouver la saveur de ce qui s'énonce et ne s'efface pas. 

   J'y ai renoncé parce que revenir sur mes opinions, les relir m'a souvent fait rougir de honte. Affirmer avec une telle résolution tant d'anneries et adhérer au contraire moins d'une année plus tard. Composer avec ses jugements et les ressorts qui sous- tendent ces jugements.  Eh oui, j'ai d'abord découvert qu'on pouvait faire mal avec la parole et  j'ai cru que le "en vérité, je pense" serait simple, si simple. Puis j'ai finalement attéri dans un immense : "je ne sais rien, absolument rien, c'est affreux comme je ne sais rien". 

Maintenant, j'ai envie de parler. Parler à n'en plus finir quitte à me pincer très fort pour retrouver cette impulsion naturelle de la conversation. J'ai envie de vous parler de ma manie d'enregistrer les gens dans tous les sens du terme, de donner trop d'importance à des petites scènes quotidiennes. J'ai aussi envie de consacrer du temps à dire pourquoi certains écrivains me plaisent particulèrement, pourquoi certains films m'ont particulièrement touchée. J'ai envie de mettre ici des extraits de tout ce qui résonne en moi : textes, mythes, themes, pensées...

Voila, la pierre est lancée.












Mardi 23 octobre 2007
- Publié dans : Sometimes - Voir les commentaires
Par Soredamor - Ecrire un commentaire
  Bonjour, merci, au revoir. Ce fut plaisir de vous revoir. De vous voir, sans rien avoir à vous dire comme si vous étiez un lampadaire ou un pillier. Je sais que ma bonne maman pourrait discuter des heures avec vous et qu'ellle aimerait ça. Mais moi, moi, je n'ai jamais rien à dire. Tout au mieux, tout au plus, je fais l'économie d'un sourire. J'entre juste à coté sur la pointe des pieds parce que j'aime être tranquille. Parfois vous me surprenez, étrange individu trop calme. Et je dis, tiens ça fait plaisir de vous revoir. Comment je vais, je ne sais,  mais je suis sûre d'aller quelque part. Au revoir

Combien de fois as tu renoncé à franchir un seuil ? Combien de fois, tes lèvres ont-elles frémi sans rien que ne vienne les desceller? Combien de fois as-tu regardé s'éloigner avec envie des êtres que tu voulais retenir ? 

   Je me demande parfois, quel effet ça ferait, si certains mots avaient vraiment l'importance physique qu'on leur donne. Si le mot dieu par exemple ou croyance ou vérité était accompagné d'un éclat de foudre. Si d'autres ne pouvaient être prononcés sans nous brûler la bouche. Pourrais-je alors dire quelque chose que je ne ressentirais pas vraiment ? La moindre chose qui ne serait pas vraiment importante ? Ou y renoncerais-je simplement par crainte ?
  

  Lambeau de parole silencieuse, l'écriture est semblable à une trame qui se délite et s'émeche sans arrêt. Le stylo à la main, je me retrouve à suivre une destination incertaine, changeante,  jamais la même. Et la parole qui pouvait  exprimer tant de choses en l'air se fait simple echo. Patience. Il faut aller aux miettes de brouillon, d'idées, d'histoires, aux balbutiements dévalorisés... Il faut un miracle de confiance et de ferveur pour que les mains, animées d'une énergie nouvelle, se mettent à retranscrire le fil de la pensée. Et un autre miracle encore, pour une pensée dense, inspirée, dynamique... Patience.




Jeudi 18 octobre 2007
- Publié dans : Sometimes - Voir les commentaires
Par Soredamor - Ecrire un commentaire

Le mot-clé gagnant

A celui qui a attéri ici en tapant ça :
institutrice en string rose

Bravo ! (et oust passe ton chemin lol)

Présentation

Catégories

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus