Parmi ces petites pensées vénéneuses qui se distillent de temps en temps et qui servent à rien.
Je n’ai pas envie de
retourner à Paris. J’ai envie de refermer cette partie de ma vie comme un bouquin qui ne me plaît pas, de laisser tomber le bon comme le mauvais. L’appart, le chat, le copain, les études. Je ne
vous dirais pas ce qui est bon et ce qui est mauvais. Les impressions s'entremêlent pour une sensation générale d'aigre acide doux.
November
J'avais commencé mon semestre en trombe avec pleins de résolutions studieuses que j'ai tenu. Du grec, du latin, un double parcours. C'était complet.Je passai mes journées entre les cours et
la bibliothèque et les we en mode chips, sugar, calin et movie. Puis mon appartement s'est détaché comme un bout de banquise dans la mer glacée. C'est devenu un vide lourd, pesant, angoissé. La fac
a fermé et je n'avais pas de position à prendre à ce sujet (j'ai pas laissé le maroc pour venir faire des revendications en france). Je me suis rendue compte que je n'avais pas d'ami et que je ne
savais même pas où en trouver. J'ai arrêté de sortir de chez moi pendant une semaine puis quinze jours et tout m'ennuyait même la lecture. Quand je prenais un bouquin je n'arrivais pas à tenir plus
d'une page. Même les films me faisaient chier. J'en étais réduite à des subsituts, tout était devenu substitut à la présence humaine qui manque. J'oubliais, il y avait quand même mon chat , ma
petite peste non négligeable n'est pas un substitut quoiqu'en disent certains.
December
C'est en général une période d'hibernation. Je m'enlise sous trois couches de couettes et bois du thé en continu. Le plus dur est derrière. Le plus dur, ce sont les vapeurs du mois de
novembre. Novembre, c'est mon mois hormonal, celui où je fais ma petite crise existenciel.
Fin December
Plus de place que pour le léger et le doux. C'est un immense fuck off à ma petite crise existencielle. J'ai l'impression d'être sur une autre galaxie. Mon cerveau est en quarentaine. Rien de
mieux que cette époque de l'année pour apprécier les romances à la con. Hier, j'ai vu le mythique Quand Harry renconytre Sally. Sympa les répliques cyniques de Harry. Sally la godiche, j'en suis
moins fan.
Dixit Harry (a peu près) : chaque année, j'essaie de tenir le coup de Thanksgiving jusqu'au nouvel an. Moi aussi Harry, moi aussi.
Vendredi 4 janvier 2008
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Publié dans : Sometimes
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Par Soredamor
La différence est à peine perceptible. La ville lumière a eu très peu d'impact sur moi. L'incompatibilité entre cette ville et moi est presque
exemplaire. Les musées, les expositions, les cafés, dehors, tout le dehors des voitures aux grands immeubles en béton me donne envie d'aller m'enfermer chez moi. Ce que je fais la plupart
du temps. De plus, ce chez moi est une petite bulle dans laquelle je ne me risquerai pas à introduire n'importe qui. Ce n'est pas que je sois très select mais je sais comment je fonctionne, une
fois que la porte est ouverte, j'ai du mal à la fermer . Il y a très peu de chose et de gens auxquels je tiens. Même si c'est à peine perceptible, je viens d'ailleurs et le lien qui me lie au
Maroc demeure très fort. A partir de quatre mois environ , je commence à me sentir comme un poisson hors de l'eau, tout m'agace, j'ai besoin de revenir.
Dès la première bouffée d'air, la petite douleur s'atténue et je me dit que je suis chez moi. Chez moi, il n'y a pas besoin d'espaces verts pour
percevoir un peu de nature dans la ville. Pour l'instant. Evidemment, tout s'urbanise et se tranforme. Ma petite maison est à présent plantée comme un champignon au milieu d'un champs
d'immeubles.
Un peu plus tard, apres le début du confort qui grise les sens, je ressens autre chose, de l'inspiration. C'est comme si la source était ici. La
source de ce que je suis, des réactions et des automatismes que j'ai du mal à comprendre. Je me rends compte que j'ai besoin d'une famille, que les veillées familiales m'ont terriblement
manquées. Malheureusement ça tombe avec la fête du mouton que je rejette totalement. Je n'ai pas le choix de toutes façons, ce n'est pas le genre d'occasion qui vous laisse le choix. C'est
une espece d'envie générale hystérique de voir et de bouffer un mouton tout entier. Alors j'entre dans la grande mer de la parentèle comme on va en visite dans un hopital psychatrique ou dans une
tribu anthropophage.A chaque moment, je me dis que je pourrais aller m'enfermer dans l'une des pièces du grand manoir familial et chercher des perles dans les livres. Mais je suis assomée par le
babillage incessant, des ragots et des considérations sur ces gens si différents de nous (sacrilège !). Je m'abreuve comme une plante assoiffée d'incohérence humaine. Le plus important,
j'ai fait connaissance avec cette partie génétique qui me tire vers le bas. J'ai reconnu mes propres vices amplifiés et je vois tout à fait (non sans horreur) quelle direction je vais prendre si
je me laisse aller.
Musique : Dead can dance- Toward the within ( "don't let them make you and break you....")
Plat du moment : libanais miam
Boisson : Littres de thé à la menthe gloup
et surtout : Beaucoup de gateaux genre royal chocolat seul petit plaisir des fêtes
Mercredi 2 janvier 2008
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Publié dans : Sometimes
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Par Soredamor
Je DETESTE :
- Qu'on viennent me dire que mes affirmations sont fausses pour les corriger avec d'autres encore plus erronées (des cracs pour des cracs, l'air hautain et pédant en plus dans le second cas)
- Les portables, les télévisions, les voitures, les fringues, les jouets et toutes ces brillantes inventions destinées à nous divertir de nos divertissements.
- Les périodes de noel, de fêtes de fin d'année etc Tous ces instants de vacuité écrasante et étouffante qui ne font que confirmer nos angoisses.
- Les rencontres inopinées avec des fantomes du passé et le fameux : "Oh tu n'as pas changé !" suivi de débats très interressants sur quel sera notre avenir de princesse, à quoi ressemblera le
prince charmant.( attendez voir mes jolies, comme ces males domesticables sont fades et prosaiques) et combien d'enfants on aura.
- Qu'on ait pas le droit de picoler chez les mueslims meme quand on se fait trop chier
- "Oh j'en peux plus je suis harcelée par des recruteurs" dixit l'ex meilleure amie chez les fous de l'égo mercantile
Bon je m'arrête là, j'ai un quart d'heure pour faire ma valise et à sentir mon crane marteler, je crois que ca va prendre moins de temps.
Mercredi 19 décembre 2007
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Publié dans : Sometimes
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Par Soredamor
- elle ?
- oh elle...de plus en plus cinglée. Angoissée et exigeante. Trop exigeante, comme si elle avait des droits. C'est Madame la reine.
- Et lui ?
- Calme, détaché. Patient. Tellement complaisant en fait qu'il en devient énervant. Toujours pret à écouter, à comprendre, même quand les autres ont tord. Peuh ! Comme si le fait d'avoir une raison
de faire quelque chose pouvait donner raison !
- Au moins, ça tient comme ça. Aucun autre n'aurait pu la supporter.
- Tu parles. Ca la rend encore plus malade. Ca lui donne envie de pousser plus loin, de chercher des limites.
- Et elle en trouve ?
- Oui, évidemment. Elle est forte pour ça et elle s'entraîne. Et puis, même lui, même s'il est fait d'un bois solide, il a aussi ses limites.
Vendredi 14 décembre 2007
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Publié dans : Des gens, des visages
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Par Soredamor
Loin du soucis petit, très loin sur une charmante esquisse qui m'emporterait moi aussi vers des pays magiques.
J'aime les arbres aux racines à l'envers qui plongent dans le ciel comme de l'encre sombre dans l'eau. Ce sont les arbres de l'hiver, de maintenant. J'aimerais sortir pour leur rentre visite
à un à un et je me dis que c'est une curieuse chose que d'avoir rendez vous avec les pauvres arbres de la ville.
La pluie continue de mumurer sans que je l'entende. Je sors mon parapluie, marche dans une flaque d'eau mais c'est dans la chaleur de ma chambre qu'elle me berce.
Surtout, il y a ce monde plein de livres qui donne envie d'y fourer son nez et de frotter sa joue contre la page. Il y a ce monde des gens qui savent que les livres sont des foyers de
chaleur. Il y ce livre avec des mots très simples. Ils sont simples parce qu'ils sont justes, qu'ils sont à leur place et qu'ils n'ont pas besoin de faire semblant.
Lecture du moment :
- Harry Potter et la chambre des secrets (Oui je suis devenue une adepte)
- Coeur d'encre ( doucement, tout doucement, ça m'attire, me touche, me séduit, m'enchante et je me laisse porter...)
Ah ça ! les best sellers des adultes sont souvent craignos mais je découvre que même avec trois tonnes de marketing, les enfants ont meilleur goût....
Mercredi 12 décembre 2007
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Par Soredamor