L'hiver encore loin si près que

Je reçois déjà sa gifle glaçante

Tout ce qui m'éloigne de l'hiver

Toutes les nostalgies que je peux saisir au vent

En rafale, les humer et pleurer

Pour réchauffer mes joues et me refroidir le coeur


La nostalgie d'un pays, de ma mère, oui ma mère,

Loin des livres, leurs pages sont froides

Loin des images, elles sont des mensonges

Loin du tout, la solitude, elle me hait, la solitude

C'est pour cela que comme tout un chacun

Plus avidement même peut être, elle m'embrasse


Une seconde, c'est le néant à son début.



Jeudi 16 octobre 2008
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Par Soredamor - Ecrire un commentaire


Je viens de voir ce film qui m'a profondément touchée. Je traîne avec moi ce titre depuis au moins cinq ans et il m'a fallu tout ce temps pour que j'aie envie de plus que la simple séquence qui m'avait attirée.


Dans les quartiers pauvres de Montréal vit Léo Lauzon, un enfant qui ne se reconnaît pas dans les membres de sa famille. Ceux-ci le dégoutent et lui sont en même temps liés par quelque conbinaison hasardeuse du sort. Il se proclame italien et se rebaptise Leolo Lauzone, nom qu'il prononce à l'italienne. Etranger, complètement étranger, exilé dans une italie de rêve qu'il écrit dans ses cahiers.


Parce que moi je rêve, moi je ne le suis pas...


Cette phrase scande tout le film. Elle est un refrain, une mélodie murmurée qui nous ramène à chaque fois dans l'imaginaire de Léolo. Comme une formule magique. Elle transforme même les excréments en or. « Parce que moi je rêve, moi je ne le suis pas » Puis tout devient possible.


Le film est brutal et cru. Il ne nous dépeint pas un monde merveilleux, mais la fange dans laquelle grandit Léolo, la fange à travers ses yeux rêveurs. Au fur et à mesure que s'entrouvre la boite de pandore des souvenirs, nous nous acheminons des cabinets de toilette où chaque membre de la famille doit aller déposer un étron réglementaire vers la maladie mentale, vers une mélancolie bilieuse qui transperce les images de l'enfance sale.


Extrait final : (lisez le à voix haute, on ne s'en lasse pas)



« A vous la dame, vous l'audacieuse mélancolie qui d'un cri fendait ma chair que vous offrite à l'ennui. Vous qui hantez mes nuits quand je ne sais plus quel chemin prendre de ma vie. Je vous ai payée cent fois mon du. Avec les braises du songe. Ne me restent que les cendres du monde du mensonge que vous même m'aviez dit entendre. La blanche plénitude qui n'était pas comme la vieille interlude. Brune et léthale, la cheville fine et maligne, qui m'a piqué à peine d'un sein pointu, en qui j'ai cru et qui ne m'a laissé que le remords d'avoir vu le jour naître sur ma solitude.

Et j'irai me reposer, la tête entre deux mots dans l'avalée des avalés. »


Ce film m'a heurtée, m'a sorti de mon quotidien et maintenant il me hante.  Devinez quelle est ma priorité maintenant ?  Trouver ce livre L'avalées des avalés de Réjéan Ducharme.





Découvrez Tom Waits!
Dimanche 12 octobre 2008
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Par Soredamor - Ecrire un commentaire


 


Dix élèves tout au plus par classe l'année dernière, nous voici cette année à plus de quarante. Et par centaines dans l'amphi, des centaines qui applaudissent à la fin du cours comme s'ils étaient au théâtre ou peut être par excès de politesse. Mystère. Le grand changement de cette rentrée, c'est l'afflux en masse de cet animal bizarre qu'est l'étudiant en prépa. L'étudiant de fac de base normalement passe plus de temps à rêver, à aller au bistrot ou au bar et à chercher des petits boulots pour se faire de l'argent qu'à réellement penser à sa carrière littéraire ou à sa supériorité intellectuelle. L'étudiant en prépa de base quant à lui sait déjà tout : grec, latin, anglais, espagnol, Gide, Mallarmé, Virgile, Rousseau. Il n'y a qu'une seule chose qu'il ignore encore : ce que l'on attend de lui exactement. C'est marrant de voir à quel point le seul fait d'entrer dans un endroit dont il ignore les règles peut destabiliser un bon élève acharné de base. Nous avons donc le plaisir d'assister au quotidien à des performances orales, à des minauderies littéraires, à des batailles pour savoir qui y touche le plus. C'est marrant, ça met de la vie dans cette machine à broyer les élans spontanés, mais ça reste tout à fait risible et inutile. J'ai encore la naïveté de croire que l'on peut avancer, apprendre lentement et surement entre deux tasses de café. Et quand je vois une petite fourmi le nez plongé dans un énorme dictionnaire faisant des fiches à la chaîne à se rompre le souffle pour pouvoir apprendre ensuite par coeur des définitions, j'éprouve ce que j'éprouvais en cours de sport quand je trouvais ça tout à fait inutile de courir au lieu de marcher. Evidemment, je n'irais pas aux JO ni même au JO de lettres. En riant du zèle de ces nouveaux venus, de leur égo si visible et bruyant, je découvre que j'en ai enfin fini avec ce vieux complexe de la performance. Désormais, je fais de mon mieux pour saisir délicatement ce qui peut m'être agréable. Et je dis ça, un grand sourire au lèvre. Je sais qu'il n'y a pas de prix à gagner et j'en suis très heureuse.


Samedi 11 octobre 2008
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Par Soredamor - Ecrire un commentaire

Toutes ces photos ont été faites avec un appareil photo argentique lors de mon voyage à Copenhague en avril 2008. Elles n'ont pas été retouchées.





 Statue de Rodin. Couple. Je crois que j'ai aimé l'expression de la femme. 

Musée d'art moderne. Une vidéo était projetée derrière le mur blanc.  Couple de femme, l'une blonde, l'autre brune,  l'une bimbo, l'autre intello. Les deux avait un regard mort.


Coté du vieux port. Tout commence par un arbre. S'ouvrent deux grandes voies. Si on suit les branches tres nettes, les voies vers le ciel sont innombrables. Il y a toujours plus que deux voies.

 
Musée d'art moderne. Petit chemin serpentant vers la mer.


Musée d'art moderne. J'avais la flegme de descendre la pente pour faire une photo de groupe.  Et là un enfant jouant à cache cache est venu se cacher devant moi tout en épiant lui aussi les autres.

Maison que j'ai trouvé étrange



Parc. Elle fait un peu carte postale. J'en apprécie la quiétude.

Musée d'art moderne. Petite mise en abime



Rue, Regardez moi ces rues bien rangées


Fille. Je déroge à ma regle en mettant la tête d'une fille que je ne connais même pas. C'est une de mes photos préférées. Instant de rêverie, de grâce, de vide, je ne sais pas...


Des mois apres ces trois jours de voyage, je déroule encore ma pellicule à la recherche d'une image à détacher des autres. J'adore prendre mon temps comme si chacune de ces images était extrêmement précieuse, comme si je devais la travailler, chercher ce qui lui manque, la zone d'ombre ou l'éclaircie qui créerait un nouvel équilibre.

Samedi 27 septembre 2008
- Publié dans : seen - Voir les 1 commentaires
Par Soredamor - Ecrire un commentaire

Je crois que ça restera pour moi une citation culte.

" Tous les soirs à 21h30, je chie"   septembre 2008, femme anonyme
Jeudi 25 septembre 2008
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Par Soredamor - Ecrire un commentaire
L'eau sur ta peau Ilyria,
Tu les connais les fontaines, toi qui erre auprès des sources, tu les connais intarissables et claires... Comme leur eau, ta peau glisse et file, insaisissable. Tant que tu ne commettras pas l'irréparable, tu pourras rejoindre notre monde, ton monde et cette peau, incarnate, immaculée, cette peau que rien ne déchire et rien ne marque contre ta volonté, ce sera ton parchemin de passage.
Ilyria tu es parfaite.  Regarde le monde.  Tes yeux le révèle.


Des yeux si étranges, on eut dit qu'ils n'étaient faits pas pour voir. Crayeux, nervurés, comme des boules de cendre en suspension. Parfois en leur centre, une lueur incandescente, c'est qu'il y a encore du feu, une brindille, une étincelle, recule, prends garde !

Son coeur si dur, frappez le comme vous frappez vos pierres sacrées, frappez le si bien, il est des pierres qui pleurent, ils est des pierres qui se fendent et d'autres qui restent dures et séches comme elles doivent.


Tu a cette écharpe d'étoile sur ton front, tu es fière, bien sise. Tu cours, ton voile céladon file derrière toi et prolonge ta course.


Tu les connais les fontaines du temps. Au moment où elles te lavent, elle te coulent.  Comme leur eau, ta peau se glisse et file, insaisissable.


Lumière trop vive Tempère tes rayons Prends le temps de t'épandre Délaye et délasse la matière Elle se roule et s'étale comme tu l'aimes la sourde muette figée hurlant sa pleine violence à la surface humaine
Jeudi 25 septembre 2008
- Publié dans : Histoires ou ébauches - Voir les commentaires
Par Soredamor - Ecrire un commentaire

Hello I love you, won't you tell me your name...










Découvrez The Doors!


Jeudi 25 septembre 2008
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Par Soredamor - Ecrire un commentaire

  "Qui a fait souffrir souffrira a son tour'.  Restée seule chez moi apres le départ d'une amie avec qui j'ai vu le film de Truffaut L'homme qui aimait les femmes, je repense à cette idée.  Au fait que le plaisir d'une personne s'accompagne forcément de la douleur d'autrui.  Ca me dérange.  Je me sens d'humeur légère. J'ai envie de m'amuser, de me distraire, de rencontrer des gens. Je me libère de lui. Mais je sais que je souffrirai à mon tour et ça ne me laisse pas l'esprit tranquille.  J'ai déjà du mal avec mes contradictions. Je suis là à jouer  l'enfant de choeur mais en vérité, il m'arrive d'avoir des envies qui entrent en contradiction totale avec mes rituels. En plein milieu du ramadan, je n'en attend au fond de moi que la fin : qu'il passe pour que je puisse entrer dans une humeur plus festive et me bourrer la gueule. Ca n'a pas de sens. Il me semble que rien n'a de sens. Mais je m'accroche. Je m'accroche comme une teigne.  Je ne peux pas décider là maintenant que je ne boirai plus, que je ne fréquenterai plus que des gens de la même religion que moi. Je ne peux pas décider non plus que je vais me mettre à prier pour toute la vie. Je me demande si Dieu, auquel je crois, se moque en ce moment de mes élans de piété parce qu'il lit mieux que moi dans mon coeur et qu'il sait que je vais abandonner.

  Ce que j'ai le plus apprécié dans le film de Truffaut, c'est le point de vue masculin.  J'ai toujours partagé ce fantasme de me retrouver dans l'être masculin, de savoir comment pense un homme, ce que ressent un homme. A 13 ans, j'ai découvert le livre Sexus d'Henry Miller et je l'ai dévoré dans le salon de mes parents. Il me mettait les joues en feu tellement les descriptions étaient crues. C'était la première fois que je lisais des choses pareilles, du sexe aussi cru, moi qui en était encore à me demander s'il arrivait aussi aux gens corrects de s'embrasser avec la langue ou si c'était des bétises de débauchés. Ce qui me fascinait le plus dans ce livre, c'était de voir s'exprimer de façon aussi énergique et brute, l'animal, la bête.   Quand il décrivait ses séances de jambes en l'air à même le trottoir avec l'une des femmes de sa vie, j'étais un peu dégoutée mais surtout fascinée. Quand il se retrouvait dans le lit avec sa femme légitime et qu'il était obligé de la prendre en chien de fusil pendant son sommeil, avec l'air de ne rien faire de mal, juste une petite besogne,  j'étais aussi fascinée. Je découvrais des choses qu'on n'irait jamais raconter à une gamine de 13 ans. On n'irait jamais lui dire qu'il n'y a rien de honteux dans le sexe, que les hommes préfèrent les salopes aux ménagères endormies qu'on prend en chien de fusil dans son lit. Est ce que ça m'a servi a quelque chose ? NON J'aime lire, ce que je sais sur les gens, je l'apprends en grande partie dans les livres.  Et c'est tout.

  Plus d'authenticité, moins de faux semblants. Quite à ce que ce soit moins joli, moins présentable.  Tel se voulait Henry Miller ( ou lui même se recréant dans l'autobiographie).
Aujourd'hui, ni lui ni le coureur de Truffaut ne me dégoutent. Ils ne me fascinent plus non plus. Ils contribuent à implanter en moi ce besoin d'authenticité, ce refus des façades lisses. Et c'est tout, pour l'instant. L'authentique désordre.




Jeudi 25 septembre 2008
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Par Soredamor - Ecrire un commentaire





Dimanche 21 septembre 2008
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Par Soredamor - Ecrire un commentaire



C’est l’histoire d’une enfant du nom de Lucie qui subit les pires sévices de la part de tortionnaires mystérieux et qui réussit à s’échapper. Elle évolue peu à peu vers une vie normale en compagnie d’Anna, sa nouvelle meilleure amie. Mais le mal infligé continue de la hanter après une ellipse d‘une quinzaine d‘années.

 


D’abord, la violence s’expose. Un grand bain de sang, une fusillade fait vibrer la salle de cinéma. Toute une gentille famille est mise à mort par celle que l’on avait jusque là placé dans le rôle de l’enfant mutilé. Lucie n’en démords pas, selon elle, ce sont eux les responsables. Cette violence est annoncée par la bande annonce, elle est donc attendue. On se sent comme au départ des montagnes russes, quand on sait à l’avance que ça va secouer et que ça commence à secouer. Les effets sont classiques et efficaces : suspens, passage du rire au sang, morceaux doux ou silences suivis d‘éclats sonores, hurlements continus, armes, hémoglobine etc.


Peu à peu, la trame se tisse et se complexifie. A la violence succède une noirceur extrême, profonde, machiavélique. Dans le caniveau, la volonté la plus sadique, la plus grande immoralité, celle qui chosifie l’homme à des fins expérimentales, celle qui déshumanise et détruit sciemment.


« Ce ne sont que des victimes, le monde est ainsi fait qu’il n’y a plus que des victimes ».

 

 



Je n’en dit pas plus car c’est aussi la découverte de cette noirceur qui surprend et ébranle les spectateurs habitués aux simples effets visuels. Oui, Martyrs fait peur comme tout film d’horreur digne de ce nom, il nous dépeint l’horrible mais il insuffle en plus une envie de résister à la peur. Souvent les films d’horreurs se terminent sur ces extrêmes là : soit une happy end décevante, soit une fin ouverte du genre « ils souffrèrent à tout jamais » comme dans The Descent. Ici, nous nous délectons d’autant plus de toutes l’artillerie de violence et de douleur que la fin est aboutie, qu’elle s’offre à nous en apothéose, comme un fruit mûr.

 

 

 

Mardi 16 septembre 2008
- Publié dans : seen - Voir les commentaires
Par Soredamor - Ecrire un commentaire

Le mot-clé gagnant

A celui qui a attéri ici en tapant ça :
institutrice en string rose

Bravo ! (et oust passe ton chemin lol)

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